Cols du Tourmalet de l’Aubisque du Soulor à vélo dans la même journée, l’enfer et le paradis… Je vous salue Marie

(blog inadapté aux smartphones)















Cols du Tourmalet de l’Aubisque du Soulor à vélo dans la même journée, l’enfer et le paradis… Je vous salue Marie

23e randonnée des cols Pyrénéens 15 juillet 1990 – n0368

Dans le Tourmalet…

« L’ ombre frissonnante aperçue ce matin dans la montée, était-ce Jacques
Anquetil ? »

Cinq fois je me suis mesuré au col du Tourmalet… La première fois j’ai brûlé
un cierge à la vierge dans la petite église de Sainte-Marie de Campan puis je
me suis aussitôt lancé dans la montée du col. C’est connu, aussitôt passé Grip;
le premier méchant petit virage vous donne la cadence de cette longue danse
cyclique. Dans la montée le corps devient rapidement douloureux, la sueur
inonde les yeux, les tempes et le coeur cognent à se rompre. L’eau tiède du
bidon est imbuvable, il fait chaud, très chaud, le bitume brulant fait des
mirages. Ce maudit soleil… pas question pour autant de mettre un pied-à-terre ce serait
une véritable trahison. Dans l’odieuse pente de la Mongie, le sommet semble
soudain à portée de main, horreur ! à chaque tour de roue ce salaud
recule. Inconsciemment je prie… je vous salue Marie pleine de grâce… ma
gorge est en feu. Plus que deux ou trois virages et ce sera la délivrance… je
vous salue Marie pleine de grâce.
C’est fait, je suis là-haut, dans le vent, pour la première fois, sûrement grâce à
la bougie de Sainte-Marie de Campan ou à l’ombre frissonnante aperçue ce
matin dans la montée… était-ce Jacques Anquetil ? il est midi, enfin la
pancarte en lettres blanches me sourit, Tourmalet altitude 2115 m, j’essuie
discrètement les larmes de joie qui coulent sur mes joues. Jeff

Entrainement préalable : 5000 km les mois précédents sur les routes de
Sologne, Sancerrois, Pyrénées.

photo : Crevaison au sommet du Tourmalet (avec Martine)

23e randonnée des cols Pyrénéens (RCP) 15 juillet 1990 – dossard 368

.

Tourmalet… Commençant par le versant est à Sainte-Marie-de-Campan (851 m), l’ascension a un profil de 17 km à 7,4 % de moyenne. Le début est facile avec des pourcentages modestes sur une route essentiellement rectiligne mais une fois à la sortie du hameau de Gripp (1 020 m environ) au km 4, cela se corse. À partir de Gripp, il reste en effet 12,5 km à 8,7 %. Un peu plus loin, la route passe à côté du petit village d’Artigues-Campan. Entre ce petit village et le onzième kilomètre environ on traverse parfois de la forêt avec pour seule véritable épingle le lacet du Garet (1 423 m) au km 9,3. km environ avant La Mongie, on commence à passer sous des paravalanches et on devine le barrage de Castillon plus bas à droite. Cette portion avec les paravalanches avant La Mongie est difficile avec des passages à 10 %. À La Mongie où l’on entre au km 12,5, la pente est également raide avec un passage à 11 %. C’est dans cette station qu’on trouve un téléphérique qui monte au pic du Midi de Bigorre (2 876 m) et que l’on peut aussi rencontrer des lamas. Après il reste 4,5 km dans un décor de pâturages et de remontées mécaniques. Certaines épingles sont effrayantes et nécessitent des relances énergiques. Finalement, ce versant est plus dur que le versant ouest malgré sa moyenne de pente inférieure car ce sont les quatre premiers km qui baissent la moyenne mais après il y a peu de répit.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr Source : Article Col du Tourmalet de Wikipédia en français https://fr.wikipedia.org/wiki/Col_du_Tourmalet

 » J’ai mal, la nuque, les épaules, les reins et puis l’enfer des fesses et des cuisses. Il faut résister à la brûlure… Si je souffre tant, il n’est pas possible que les autres tiennent le coup… »
Jacques Anquetil

23e randonnée des cols Pyrénéens 15 juillet 1990 – dossard 368…

224 km/4000 m de dénivelé – Col du Tourmalet – Col de Couraduque – Col
du Soulor – Col d’Aubisque – Départ à 3h du matin sous l’orage. Des milliers
de petites lumièœs dans les rues de Pau. Bagnères de bigorre au lever du jour;
les premières chutes. Sainte Marie de Campan, au pied du Tourmalet, pas de
cierge à la vierge, pas le temps, certains d’entre-nous se signent. Grip, La
Mongie, le col du Tourmalet, puis la descente, impressionné et tendu, à 75
km/heure vers Barèges, Luz-Saint-Sauveur, Argelès-Gazost… Debout sur le
vélo, douloureux, dans la brume et la chaleur je grimpe péniblement le col de
Couraduque. Et voici la belle vallée d’Aucun, rassurante et fraîche. Puis la
montée vers le col du Soulor, la fatigue comme compagne de route. Aussitôt
c’est le col de l’Aubisque, pentu et raide, dans la brume et le crachin . Pas
d’alternative au sommet il faut descendre, solitaire, vers Laruns la peur au
ventre, route très glissante, brume épaisse et poisseuse. C’est vertigineux, on
ne voit pas à dix mètres. Je m’entends prier, toute ma vie passe comme un
film. Enfin je rejoins un petit groupe de locaux, accepte joyeusement leur
invitation pour rentrer sur Pau dans leurs roues. Jeff

Mon vélo fabriqué par André Thauvin





























Licence Creative Commons
Mes photos sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

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2 réponses à “Cols du Tourmalet de l’Aubisque du Soulor à vélo dans la même journée, l’enfer et le paradis… Je vous salue Marie”

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